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-:-:-:-gloshmol-:-:-:--:-:-:-:-:-:-architecte colporteur-:-:-:-:-:-:-
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Jean Attali, philosophe et membre de mon jury de diplôme, m'offre ce texte.
“ L’homme riche d’illusions parle de construire un chariot. Le pauvre sot ! Il ne sait pas qu’il y a cent pièces dans un chariot et qu’il faut d’abord prendre soin de les rassembler chez soi “. Hésiode, l’antique auteur du poème cosmogonique Les travaux et les jours, nous a prévenus : l’homme de l’art se croit compétent parce qu’il a fait le tour de ce qui lui appartient, mais les éléments qu’il possède entrent bientôt dans la composition d’ensembles qu’il ne comprend pas. Les pièces de l’architecture forment des ensembles laborieux, aussi difficiles à agencer qu’à interpréter ! Encore faut-il concevoir ces pièces une à une, c’est-à-dire les dessiner, les lier entre elles, les soumettre à un ordre et un enchaînement : toute une puissance d’objet, qu’il appartient aux plus habiles de déployer - ou de déplier. Il y a là une ressource mécanique et gestuelle, qui n’est pas exempte de drôlerie ni de paradoxe, et que Bertrand Segers semble vouloir exploiter avec la feinte candeur du héros de Jour de fête (Jacques Tati). L¹évidence du thème ne vient pas seulement d¹une signification immédiatement métaphorique (la série des formes et des forces du pli, du dépli et du repli) ; elle est renforcée par sa subtile association au génie comique et à la mécanique burlesque.. Tout l’héroïsme de l’architecture, toute sa rhétorique, convertis dans les extravagances d’un pilote de triporteur au milieu du trafic, marmonnant des paroles de chansons ou des “ phrases “ rimbaldiennes : “ Quand nous sommes très forts, - qui recule ? très gais, - qui tombe de ridicule ? Quand nous sommes très méchants, - que ferait-on de nous ? Parez-vous, dansez, riez. Je ne pourrai jamais envoyer l’Amour par la fenêtre “.
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